L’arrivée de nouvelles technologies appliquées dans le secteur de la santé permet sans doute des avancées considérables pour la quête de solutions médicales pour un grand nombre de maladies qui sévissent au monde. De surcroît, le virage numérique emprunté par la société moderne entière, dont le Maroc, change sensiblement la relation des patients avec les professionnels de la santé. Il sera bientôt désormais facile de pratiquer une opération chirurgicale à distance, d’identifier à l’avance le type de pathologie qu’on pense avoir et encore d’utiliser l’intelligence artificielle pour préserver sa santé.

Comment le citoyen se retrouve-t-il dans un nouveau système de santé en pleine mutation ? Qu’attendre de la santé du futur ? Comment l’organisation des soins va-t-elle se transformer face à ces innovations ? Et quelles sont les nouvelles questions éthiques qui se posent à l’homme et au législateur face aux progrès technologiques et scientifiques ?

Les médecins à domicile de SOS médecins casablanca vous en font le résumé, en se basant sur un article d’un professionnel de la santé de demain.

A force d’accumuler des informations sur l’état de santé des patients, leurs facteurs de risque génétiques, leurs habitudes de vie et les thérapies qui peuvent leur être apportées, certains n’hésitent plus à parler de patient « augmenté ». Notre système de santé va connaître de profonds bouleversements, allant d’une médecine de type curatif/thérapeutique vers une médecine dite préventive, adaptée à chaque individu en fonction de ses facteurs de risque et de ses habitudes. La médecine sera aussi prédictive, en anticipant l’apparition d’une pathologie. Les patients « augmentés », que nous sommes appelés à devenir, seront aussi amenés à jouer un rôle actif dans la prise en charge de leur santé et à participer au travail des équipes médicales. C’est ce que l’on appelle la médecine participative.

 

La génomique, la médecine du futur ?

La France par exemple vient de lancer en juin 2016 un grand plan national sur cinq ans pour permettre l’accès au diagnostic génétique sur tout le territoire. Douze centres de séquençage vont être progressivement déployés, s’appuyant sur les grands hôpitaux universitaires du territoire.

Qu’est ce que la génomique ?

Le séquençage du génome, c’est à dire l’analyse de l’ordre des gènes qui compose l’ADN de chaque personne, permet de rechercher les anomalies génétiques propres à chaque patient, et de développer une véritable médecine personnalisée et prédictive.

Le plan national de médecine génomique représente un espoir pour les patients atteints de maladies rares, de cancers métastasés réfractaires aux traitements ou de maladies neuro-dégénératives comme Alzheimer.

Au-delà de l’espoir que représente la médecine génomique, c’est un nouveau modèle industriel, scientifique et médical qui est amené à se développer dans le monde, au cours des toutes prochaines années.

Une science globale de la santé est-elle possible ?

A la vision d’une biologie morcelée et fragmentée en plusieurs disciplines, est en train de succéder une conception globale de la santé et de la génétique en particulier. Ainsi, grâce à l’épigénétique, il est désormais possible d’affirmer que l’expression des gènes est modulée par notre comportement et par notre environnement.

Attirer les meilleurs talents, promouvoir la coopération entre industries et équipes médicales, assurer l’égal accès à ce nouveau modèle pour tous les citoyens : tels sont les défis auxquels devront répondre les prochaines équipes gouvernementales.

Loi, éthique : et l’homme dans tout ça ?

La question des Big Data, une confiance renouvelée ?

L’arrivée de la médecine personnalisée, l’utilisation croissante d’objets de santé connectés et d’applications santé pour mobiles augmentent la production de données relatives à notre santé. Le croisement de ces « méga données », ou « Big Data », permet de révéler les liens entre nos habitudes de vie, notre environnement et notre santé. Elles sont les outils de notre nouveau système de santé, permettant le décloisonnement et l’interdisciplinarité nécessaire aux grandes avancées.

La circulation des données de santé représente un risque pour la vie privée et les libertés individuelles. Comment les protéger ? Quels usages peuvent être autorisés ? Comment les stocker ? Ainsi, la question du « risque acceptable au regard des bénéfices attendus » se pose aux responsables politiques et aux juristes.

La loi de la santé au Maroc interdit aux assureurs l’accès direct aux données de santé et garantit l’alourdissement des sanctions en cas de mésusage de ces données. Cependant, la question du risque n’est pas réellement tranchée et pourrait bien faire l’objet de débats législatifs à venir, notamment dans la mise en place d’une médecine génomique de plus grande ampleur.

Ses règles devront également préserver la capacité des acteurs à exploiter ces données pour les mettre au maximum au service des citoyens.

Génétique et éthique, le risque de l’eugénisme ?

La recherche sur l’embryon. De récentes techniques ont permis l’utilisation d’un outil moléculaire capable de modifier et de réparer le génome de toutes les espèces vivantes. Cette technique pourrait-elle être appliquée pour l’espèce humaine ? Dans quelles circonstances pourrait-on modifier un embryon humain ? La question n’est pas nouvelle, et depuis 1994, ce type d’intervention est interdit en France. Cette loi doit-elle être assouplie ? Entre l’espoir suscité par le progrès scientifique pour la guérison de nombreuses maladies génétiques d’un côté, et le risque d’expérimentations sur l’espèce humaine de l’autre, la question éthique fait à n’en pas douter partie des grandes questions de la santé du futur.

Robot, tu seras humain ? L’irruption des objets connectés et des applications mobiles dans le domaine de la santé et du médico-social, notamment auprès de personnes dépendantes, nous interroge sur la dimension affective et sociale qui doit entourer le soin, le patient, les aidants. La connexion est-elle seulement celle de l’information et de la gestion des données ? La santé du futur ne devra pas faire l’impasse sur la dimension humaine de nos parcours de soins au risque de perdre son âme.

Et la sage continue….

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